Mars 2020, suite à la propagation du Corona virus, un confinement est déclaré jusqu’à nouvel ordre en France. Il est désormais interdit de quitter les murs de son domicile. Pour ma part, je me retrouve dans une maison avec neuf autres personnes, dont deux boules d’énergie de trois et cinq ans. J’ai décidé de les photographier tout au long de cette période d’enfermement. Que font-ils de leur énergie ? Comment occupent-ils leur ennui ? Comment gèrent-ils leur corps mouvant dans un espace délimité ?

En physique, l’énergie est égale à la puissance par le temps. Je m’interroge alors sur l’impact du temps qui passe sur ces enfants : comment leur énergie évolue t-elle durant ce temps qui se dilate ? Mon père avait écrit dans son dernier carnet de notes : « L’énergie = ce qui se passe entre.». J’ai toujours beaucoup réfléchi à la signification de cette phrase, et j’ai retrouvé en ces images une interprétation à cette définition. La délimitation d’espace imposée par le confinement permet de créer cet intervalle, cet « entre », à l’intérieur duquel circule un mouvement. L’énergie passe entre le pôle (+) et le pôle (-), mais aussi sur ces photos entre l’ombre et la lumière, entre la joie et l’ennui, l’introspection et l’exhibition, entre le repos et le surmenage…